Le cinéma occidental, souvent protégé par le bouclier de l’exception culturelle, ne peut que se montrer admiratif face à l’effort du cinéma géorgien pour renaître de ses cendres. L’histoire du cinéma de ce tout petit pays (seulement 4,5 millions d’habitants) est remplie de moments de gloire connus des cinéphiles : Repentir de Tenguiz Abouladzé avait emporté sur la Croisette le Grand Prix Spécial du Jury et le prix FIPRESCI. Les Géorgiens rajoutent en privé, autour d’un verre de vin géorgien, un autre grand prix cannois à leur palmarès : le véritable nom du réalisateur de Quand passent les cigognes, première Palme d’or soviétique, est Kalatozochvili, non Kalatozov (une russisation tout à fait commune à l’époque). Mais comme dans beaucoup de républiques post-soviétiques, la fin de l’URSS sonne le glas de l’activité cinématographique. C’est donc après quinze ans de traversée du désert que le gouvernement et les cinéastes de Géorgie décident de faire renaître leur cinéma, à force de travail et de conviction. Ils lancent alors un concours pour produire des courts-métrages d’étudiants, prennent contact avec les fonds de soutien européens, et s’offrent le luxe d’un pavillon au Village International pour trouver des coproducteurs et des distributeurs occidentaux. Proclamée meilleure terre d’accueil, la Géorgie se fixe aussi un autre but : devenir terre d’accueil pour les tournages en mal d’extérieurs. De quoi respecter la tradition sans oublier de se renouveler.
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 Le directeur du studio Gruziafilm Archil Menagarishvili, le réalisateur Mikhail Mrevlishvili, le directeur du centre de cinématographie de Géorgie, Konstantin Chlaidzé
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