The Ghostwriter contient tous les ingrédients du blockbuster : une histoire de thriller politique aux accents de rumeurs fondées (Tony Blair agent des USA dans le conflit irakien ?), un casting prestigieux, un metteur en scène star. Le résultat est à la hauteur des attentes, ni plus ni moins.
Ewan Mc Gregor est le nègre de Pierce Brosnan, lui-même ex-Premier Ministre de Sa Majesté. Ou plutôt le remplaçant du nègre en titre, retrouvé « accidentellement » noyé. Oie blanche au milieu des loups, l’écrivain est aussi à l’aise avec la politique qu’une poule avec un couteau. Ce qui l’intéresse, ce qui intéresse les lecteurs, c’est le cœur de l’homme, sa vérité. Alors il creuse mais en politique, il est dangereux de vouloir connaître la vérité...
L’intérêt du film réside moins dans les ressorts de l’intrigue – brillamment menée – que dans la confrontation entre Ewan McGregor et les diables qui l’entourent. Homme de fiction, il est un parfait étranger dans ce monde de manipulations et de faux-semblants ; son attitude, ses propos, créent une rupture constante avec les calculs stratégiques du pouvoir. Ce décalage fait naître, contre toute attente, un humour subtil qui traverse le film de bout en bout.
Par l’élégance des décors et des costumes, la froideur manipulatrice de ses héroïnes, l’ombre du secret, Roman Polanski imprime à son Ghostwriter une facture très hitchcockienne. Pourtant, comme souvent chez lui, il y a une sorte de politesse à discourir sans brusquerie qui flatte l’esprit sans frapper au ventre, et qui parfois laisse le spectateur au bord de la route.
The Ghostwriter n’est ni un film noir ni une comédie policière, mais bien un thriller léger. Il se regarde comme le thé se boit dans un salon anglais : dans un mélange de raffinement, de mondanités et de douce excitation des papilles. |
 The Ghostwriter, de Roman Polanski
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