Sébastien Lifshitz dresse le portrait de femmes et d’hommes nés entre les deux guerres. Leur point commun : être homosexuels. Une œuvre éclairée, douce et généreuse.

La Semaine de la Critique fait donc le vœu de « révéler de nouveaux cinéastes et à travers eux, de mettre en avant la cinématographie mondiale, dans sa capacité à se renouveler et à ouvrir de nouvelles perspectives ». Des 1200 films visionnés, dix seulement auront été retenus, dont sept (tous des premiers films) pour la compétition. Sur le versant de l’affiche officielle, une cinquantaine de lauréats, sur près de 1800 prétendants, auront échappé au couperet des sélectionneurs.
Un entonnoir drastique, dénominateur commun des trois sélections. Car ainsi que le rappelle Thierry Frémaux, « Quiconque fait un film sur cette planète peut postuler au Festival de Cannes. Un principe démocratique, dont l’égalité des chances de départ n’a d’équivalent que l’injustice qui sera faite au bout du processus ». Et ces injustices font les choux gras du public festivalier, avide de voir en avant-premières la présupposée crème de la crème du cinéma mondial. Associés aux valeurs sures (Cronenberg, Haneke, Vinterberg, Loach, Kiarostami…) les inconnus ont sur leurs épaules un sacré poids : celui de créer la surprise, ouvrir le débat. Débattre, c’est justement ce que souhaite Edouard Waintrop : cette année, la Quinzaine innove avec quatre réalisateurs français, invités à parrainer les metteurs en scène venus du monde entier. « Ainsi reviendra-t-on », dit-il, « à l’état d’esprit qui avait présidé aux états généraux du cinéma en 1968 et qui ont donné naissance à la Quinzaine des Réalisateurs ».
Pour son soixante cinquième anniversaire, Cannes sera-t-il aussi rituellement controversé, aussi passionnant que de coutume, aussi triomphal que l’an dernier ?
Nul ne pourra le dire… avant d’avoir tout vu.
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